Ils ne font pas de photosynthèse, n'ont pas de système digestif, et leur ADN les range dans un règne à part, plus proche de nous que des arbres.
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Pourquoi les champignons ne sont ni des plantes ni des animaux ?

La réponse courte — Parce qu'ils ne font pas de photosynthèse comme les plantes et n'ont pas de système digestif comme les animaux, et que leur ADN les range dans un règne à part, plus proche de nous que des arbres.

Le piège visuel

Un champignon pousse dans la terre, ne bouge pas, et a souvent une petite tige avec un chapeau au-dessus. Pendant des siècles, on l’a classé d’instinct avec les plantes. Mais il y a un détail qui cloche : il n’a pas de feuilles, et surtout pas de chlorophylle. Il ne capte pas la lumière, ne fabrique pas son sucre, ne respire pas comme une plante. Ce qu’on voit sortir du sol n’est d’ailleurs que son fruit : le vrai champignon, lui, est une gigantesque toile de filaments (le mycélium) qui court sous terre sur des dizaines, parfois des milliers de mètres carrés.

Le plus grand organisme vivant connu est un champignon de l’Oregon, Armillaria ostoyae, étendu sur environ 965 hectares. Il vit, sans bouger, depuis des milliers d’années.

Côté cellule, ils trahissent leur cousinage

Les parois cellulaires d’une plante sont faites de cellulose, le même composé que le bois ou le coton. Celles d’un champignon sont faites de chitine : la matière qui fabrique les carapaces de homards, les ailes de mouches, les exosquelettes d’insectes. Rien à voir avec les plantes. Tout à voir avec le monde animal.

Côté alimentation, même logique. Une plante fabrique sa matière à partir de lumière et de gaz carbonique. Un champignon, comme nous, absorbe de la matière organique déjà faite : il digère du bois mort, des feuilles tombées, parfois des êtres vivants. Il digère à l’extérieur de lui-même : ses filaments sécrètent des enzymes dans le sol, puis le champignon absorbe ce qui a été décomposé. C’est de la digestion animale, juste retournée vers le dehors.

Les arbres généalogiques ont tranché

Dans les années 1990, la biologie moléculaire a comparé les gènes des trois règnes. Le verdict a surpris : les champignons et les animaux partagent un ancêtre commun il y a environ un milliard d’années. Les plantes, elles, avaient déjà divergé bien avant. Autrement dit :

Vous êtes plus proche d’un champignon de Paris que ne l’est un pommier d’un champignon de Paris.

Cette parenté a des conséquences très concrètes. C’est pour cela qu’il est si difficile de fabriquer un bon médicament antifongique : les molécules qui tuent les champignons tendent aussi à attaquer nos cellules, parce que nos mécanismes internes se ressemblent trop. Les plantes, en revanche, on peut les attaquer avec des herbicides sans risque pour nous — on n’a presque rien en commun avec elles.

Le règne fongique n’est donc ni un oubli ni un entre-deux. C’est une branche à part entière du vivant, sur laquelle nous nous trouvons voisins.

Sources