La Lune tire, mais pas partout pareil
La Lune attire la Terre — et réciproquement. Mais la force d’attraction diminue avec la distance : la face de la Terre tournée vers la Lune est tirée un peu plus fort que le centre, et le centre est tiré un peu plus fort que la face opposée. Cette différence, qu’on appelle la force de marée, décroît non pas avec le carré de la distance (comme la gravité classique) mais avec son cube. C’est ce qui rend la Lune, pourtant 400 fois plus petite que le Soleil, deux fois plus efficace que lui pour soulever nos océans.
Conséquence : l’eau s’étire en deux bourrelets, un du côté de la Lune, un à l’opposé. Le sol solide, plus rigide, bouge à peine (quelques dizaines de centimètres), mais l’océan, lui, suit.
Deux marées par jour, avec un décalage
Si la Terre tournait sous ces deux bosses immobiles, chaque côte passerait sous une bosse toutes les 12 heures : deux marées hautes, deux marées basses par jour. C’est presque vrai. Mais la Lune, elle aussi, avance sur son orbite pendant ce temps-là. Résultat : le jour lunaire dure 24h 50min, et les marées se décalent d’environ 50 minutes chaque jour. C’est pour ça qu’une marée haute à 9h aujourd’hui tombera autour de 9h50 demain.
Quand le Soleil s’en mêle
Le Soleil ajoute sa propre force de marée, plus faible mais bien réelle. Quand la Lune, la Terre et le Soleil sont alignés (pleine lune ou nouvelle lune), les deux effets se cumulent : ce sont les grandes marées. Quand ils forment un angle droit (premier et dernier quartier), ils se contrarient : ce sont les mortes-eaux.
La géographie amplifie ou étouffe ce mouvement. Dans la baie de Fundy, au Canada, la forme en entonnoir fait monter l’eau jusqu’à 16 mètres, record du monde. En Méditerranée, au contraire, le bassin quasi fermé limite la marée à quelques dizaines de centimètres. L’océan Atlantique respire ; la Méditerranée, à peine.