Une cour d'école en septembre, bordée d'un muret et d'un grand arbre au feuillage lavande. Un groupe d'enfants en silhouette s'y tient, ombres allongées derrière eux. Au centre, deux enfants d'un lavande très clair ; la teinte s'assombrit de proche en proche jusqu'au bleu nuit des silhouettes du bord, et de fines ondes s'en écartent.
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Pourquoi tout le monde tombe malade à la rentrée ?

La réponse courte — Parce que ce qui change en septembre, ce n'est pas la température, c'est la toile des rencontres. Des milliers de classes se reforment le même jour, et les virus respiratoires, qui circulaient à bas bruit tout l'été, retrouvent d'un coup des millions de trajets. Le pic arrive près de dix-huit jours après la reprise, le temps que plusieurs relais successifs propagent l'infection d'enfant en enfant, puis vers les foyers.

Le calendrier donne le signal

Mi-septembre. Trois personnes se mouchent dans le même foyer. L’aîné a commencé, la cadette a suivi, un parent ferme la marche. Personne n’a « pris froid » ensemble. C’est une cascade : un virus entré par l’école, relayé de proche en proche.

Le calendrier le confirme. Une étude canadienne sur les hospitalisations pour asthme, menée de 1990 à 2002, place le maximum chez les écoliers à 17,7 jours de la reprise. Les tout-petits suivent avec 1,7 jour de retard. Chez les adultes, il arrive environ six jours après celui des écoliers.

Ce qui change, c’est la toile des rencontres

Le 1er septembre, la météo n’a pas basculé. Ce qui se reconfigure, c’est le réseau de contacts.

L’été, les enfants se dispersent. Le rhinovirus, auteur de la moitié à deux tiers de nos rhumes, circule toujours : on le retrouve en tête des prélèvements estivaux. Mais il trouve peu de trajets.

Le jour de la rentrée, les classes se reforment partout en même temps. Une enquête européenne (7 290 personnes) décrit avec qui nous nous mélangeons : les élèves côtoient surtout d’autres élèves, et leur nombre de contacts culmine entre 10 et 19 ans. Le bâillement s’y propage aussi, par imitation, sans aucun microbe.

La preuve que l’école déclenche, et non la saison : les vacances scolaires, y compris celles de plein hiver, font reculer de 20 à 29 % le taux de transmission de la grippe vers les enfants. Aucun effet détectable sur les contacts des adultes.

Pourquoi deux semaines et demie

Deux jours par saut. C’est la durée médiane d’incubation du rhinovirus. Il en faut plusieurs pour qu’un premier enfant contaminé en touche une classe entière, puis que cette classe en contamine d’autres, et que le pic devienne visible à l’échelle d’une population. Les relais s’empilent.

L’enfant ouvre la porte

L’enfant rentre. Un autre réseau l’attend à la maison, plus petit, plus serré. Une étude a suivi 26 foyers un an, prélèvements nasaux hebdomadaires : les moins de 5 ans hébergent un virus détectable bien plus souvent, et plus longtemps. Vivre avec des enfants ajoute environ trois semaines par an de détection virale nasale, comparé à un adulte seul.

Les adultes arrivent ensuite, décalés de quelques jours. Dans le foyer, la transmission mesurable passe par les enfants et par ceux qui présentent des symptômes.

La saison ne donne pas le signal. C’est l’agenda. Le même virus circule en juillet sans produire de pic : personne ne lui ouvre la porte en même temps. La rentrée ouvre toutes les portes le même matin.

Sources